Combien de panneaux solaires pour un chalet ou un camp au Québec ?

La réponse ne dépend presque pas de la taille du chalet. Elle dépend d'une seule question : est-ce que vous y allez en janvier ?

Par , consultant en préparation d'urgence · · 1166 mots
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On me pose la question presque chaque semaine, souvent au moment où quelqu'un repart avec des panneaux dans sa remorque : « Combien il m'en faut, pour le chalet ? »

La réponse honnête commence par une autre question. Est-ce que vous y allez en janvier ?

Un chalet de fin de semaine en été et un camp de chasse habité en novembre n'ont presque rien en commun. Le premier se contente d'un panneau. Le second en demande quatre ou cinq pour faire exactement le même travail. Voici pourquoi, et comment faire le calcul pour votre cas.

Le soleil du Québec n'est pas le même en juin et en décembre

Un panneau de 255 W ne produit pas 255 W toute la journée. Ce chiffre est mesuré en laboratoire, sous un soleil idéal. Pour dimensionner un système, on parle plutôt d'heures d'ensoleillement équivalent : le nombre d'heures par jour où le panneau produirait sa pleine puissance.

En Estrie, à l'ordre de grandeur :

  • En juin, près de 5 heures par jour
  • En décembre, autour de 1,5 à 2 heures par jour

Le même panneau produit donc environ trois fois moins en décembre qu'en juin. Les journées sont courtes, le soleil est bas, et il faut compter les jours gris et la neige sur les panneaux.

C'est ce chiffre, bien plus que la taille du bâtiment, qui décide de tout.

Étape 1 — Ce que vous consommez vraiment

Faites la liste de ce qui fonctionnera au chalet, avec la puissance de chaque appareil et le nombre d'heures d'utilisation par jour. Si vous ne l'avez jamais fait, le calcul en trois étapes vous guide pas à pas.

Prenons un camp typique :

  • Éclairage DEL, six lumières de 8 W, cinq heures par soir : 240 Wh
  • Pompe à eau 12 V, une demi-heure par jour : 30 Wh
  • Petit réfrigérateur 12 V à compresseur : 400 Wh
  • Téléphones, radio, un portable : 150 Wh

Total en été : environ 800 Wh par jour.

L'hiver ajoute deux choses que presque tout le monde oublie. Les soirées sont plus longues, donc l'éclairage travaille davantage. Et surtout, le ventilateur de la fournaise au propane tourne sur la batterie : 40 W pendant huit heures, c'est 320 Wh de plus par jour. Au propane, la chaleur est gratuite pour vos batteries, mais le ventilateur, lui, ne l'est pas.

Total en hiver : environ 1 200 Wh par jour.

Étape 2 — Combien de panneaux

On divise la consommation par les heures d'ensoleillement, puis on garde une marge de 25 % pour les pertes : câblage, contrôleur, température, poussière.

En été : 800 Wh ÷ (5 h × 0,75) = 213 W de panneaux
En hiver : 1 200 Wh ÷ (1,75 h × 0,75) = 914 W de panneaux

Un seul panneau de 255 W suffit l'été. L'hiver, il en faut quatre.

Voilà pourquoi la question de janvier passe avant toutes les autres. Si vous dimensionnez pour l'été et que vous montez au camp pour la chasse en novembre, vos batteries seront vides au deuxième jour, et vous ne comprendrez pas pourquoi.

Étape 3 — Combien de batteries

Les batteries servent à traverser les jours sans soleil. Au Québec, en hiver, prévoyez trois jours d'autonomie : c'est le genre de séquence grise qui revient régulièrement de novembre à février.

1 200 Wh × 3 jours = 3 600 Wh utilisables

Avec des batteries au lithium fer phosphate, qu'on peut décharger presque entièrement, ça représente environ 4 000 Wh de capacité : une batterie de 24 V de 170 Ah, ou deux batteries de 12 V de 170 Ah. Avec des batteries au plomb, qu'on ne vide qu'à moitié, il en faudrait le double. Mon article sur le choix des batteries compare les deux options chiffres à l'appui.

Le conseil qui fait économiser le plus

Regardez les prix : les panneaux sont la partie bon marché du système. Des panneaux usagés en bon état se trouvent autour de 30 à 40 ¢ le watt. Les quatre panneaux de 255 W de notre exemple coûtent environ 320 $. Les batteries pour trois jours d'autonomie, elles, coûtent plusieurs fois ce montant.

D'où la règle : quand vous hésitez, ajoutez des panneaux plutôt que des batteries.

Plus de panneaux, c'est une batterie qui se remplit plus vite pendant les rares heures de soleil d'une journée d'hiver. C'est une batterie qui repart pleine au lieu de repartir à moitié. Et c'est souvent ce qui vous permet de vivre avec moins de réserve. Un cinquième panneau à 80 $ remplace parfois une batterie à 600 $.

La neige et l'angle des panneaux

Un panneau couché sous vingt centimètres de neige ne produit rien, peu importe sa puissance.

L'hiver, inclinez vos panneaux fortement : autour de 60 degrés au sud du Québec. La neige glisse d'elle-même, et un panneau presque debout capte mieux le soleil bas de décembre. Certains propriétaires de camp fixent leurs panneaux carrément à la verticale sur le mur sud. En plein été, c'est moins efficace, mais l'hiver, ils profitent en plus de la lumière renvoyée par la neige au sol.

Si vous branchez plusieurs panneaux en série, faites attention au froid : la tension d'un panneau monte par grand froid, et c'est ce qui détruit des contrôleurs chaque janvier. Mon article sur la tension à vide donne le calcul exact.

Le piège du camp non chauffé

C'est ici que beaucoup de systèmes de chalet échouent, même bien dimensionnés.

Une batterie au lithium refuse de se recharger sous zéro. Si votre camp reste froid entre deux visites, vos panneaux produiront au soleil de midi, et la batterie refusera le courant. J'explique le phénomène en détail dans cet article sur la recharge par temps froid.

Trois solutions, selon votre situation :

  • Une batterie au lithium qui chauffe ses propres cellules avant de se charger. Plus chère, mais elle règle le problème.
  • Un coffre isolé pour les batteries, qui garde la chaleur accumulée le jour.
  • Des batteries au plomb pour un camp laissé sans chauffage tout l'hiver. Elles acceptent la charge au froid, à condition de rester chargées : une batterie au plomb vide peut geler et fendre.

Trois questions à vous poser avant d'acheter

1. Quels mois allez-vous vraiment utiliser le chalet ? Dimensionnez pour le pire mois que vous comptez y passer, pas pour la moyenne.

2. Qu'est-ce qui tourne sans arrêt ? Le réfrigérateur et le ventilateur de fournaise pèsent plus lourd que tout le reste réuni.

3. Le bâtiment reste-t-il chauffé entre vos visites ? La réponse décide du type de batterie.

Si vous répondez à ces trois questions, vous avez déjà fait l'essentiel du travail. Le reste, c'est du matériel — et si vous êtes en Estrie, en Beauce ou dans les Bois-Francs, les panneaux, je les vends moi-même.

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