Combien de watts vous faut-il ? Le calcul en trois étapes

« Quelle grosseur ça me prend ? » Personne ne peut répondre à votre place. Mais le calcul tient sur une feuille et prend vingt minutes.

Par , consultant en préparation d'urgence · · 1215 mots

C'est la question qu'on me pose avant toutes les autres : « Quelle grosseur ça me prend ? »

Et la réponse honnête, c'est que personne ne peut vous la donner sans trois chiffres que vous seul possédez. La bonne nouvelle : le calcul tient sur une feuille de papier et prend vingt minutes.

Le faire avant d'acheter vous évite les deux erreurs les plus coûteuses de ce domaine — payer pour une puissance dont vous n'aurez jamais besoin, ou découvrir en pleine panne que votre équipement ne démarre pas ce que vous vouliez démarrer.

Deux chiffres qu'on confond presque toujours

Les watts (W) mesurent la puissance à un instant donné : ce que l'appareil demande pendant qu'il fonctionne. C'est ce chiffre qui détermine la taille de votre génératrice ou de votre onduleur.

Les kilowattheures (kWh) mesurent l'énergie consommée sur une durée. C'est ce chiffre qui détermine la taille de votre réserve — bidons d'essence ou parc de batteries.

Les deux ne disent pas du tout la même chose. Le premier vous dit ce que vous pouvez allumer. Le second vous dit pendant combien de temps.

Une grosse génératrice avec un petit réservoir allume tout, deux heures. Une petite batterie bien dimensionnée fait tourner l'essentiel pendant deux jours. La plupart des gens achètent le premier chiffre et oublient le second.

Le piège que presque tout le monde manque : l'appel de démarrage

Tout ce qui contient un moteur — réfrigérateur, congélateur, pompe, ventilateur de fournaise — demande beaucoup plus de puissance pendant la seconde où il démarre que pendant qu'il tourne. Trois à six fois plus.

Un réfrigérateur qui consomme 150 W en marche peut réclamer 900 W au démarrage. Une pompe de puisard qui tourne à 800 W peut monter à 2 400 W le temps que le moteur s'élance.

Si votre équipement ne peut pas fournir cette pointe, le moteur ne démarre pas. Vous entendez un grognement, puis le disjoncteur saute. L'appareil est pourtant « dans vos watts » — mais seulement en marche, jamais au démarrage.

C'est pour cette raison qu'un onduleur affiche toujours deux valeurs : la puissance continue et la puissance de pointe. Sur la page solaire, les deux chiffres sont indiqués pour chaque modèle.

Étape 1 — La liste de ce que vous voulez vraiment alimenter

Pas votre maison au complet. Ce qui compte réellement pendant une panne.

Voici les valeurs réalistes pour une maison québécoise ordinaire. Notez la vôtre à côté :

  • Réfrigérateur : environ 150 W en marche, jusqu'à 900 W au démarrage — de 1 à 2 kWh par jour
  • Congélateur coffre : environ 100 W, 600 W au démarrage — environ 1 kWh par jour
  • Ventilateur de fournaise au mazout ou à granules : de 300 à 600 W — de 2 à 4 kWh par jour en hiver
  • Pompe de puisard : environ 800 W en marche, jusqu'à 2 400 W au démarrage — très variable selon la pluie
  • Pompe de puits submersible : environ 1 000 W, jusqu'à 3 000 W au démarrage
  • Éclairage DEL de toute la maison : de 20 à 40 W — moins de 0,5 kWh par jour
  • Téléphones, ordinateur portable, radio : de 30 à 60 W — négligeable

Le ventilateur de fournaise est celui qu'on oublie le plus souvent. Une fournaise au mazout ne manque pas de mazout pendant une panne : elle manque d'électricité pour souffler l'air. Quelques centaines de watts séparent une maison chauffée d'une maison froide.

Étape 2 — Le plus gros démarrage, pas la somme des démarrages

Voici l'erreur classique : additionner tous les appels de démarrage. Inutile. Deux moteurs ne démarrent jamais exactement à la même seconde.

La règle est simple :

Puissance de pointe nécessaire = tout ce qui tourne déjà + le plus gros démarrage de la liste.

Prenons une maison qui veut garder le réfrigérateur, le congélateur, le ventilateur de fournaise et l'éclairage :

  • En marche : 150 + 100 + 500 + 40 = 790 W
  • Le plus gros démarrage de la liste : la pompe de puisard, à 2 400 W
  • Pointe nécessaire : 790 + 2 400 = environ 3 200 W

Cette maison a donc besoin d'environ 800 W en continu, mais d'une capacité de pointe de 3 200 W. Un onduleur de 2 000 W qui encaisse 4 000 W en pointe fait parfaitement l'affaire — alors qu'un modèle de 3 000 W sans marge de pointe échouerait au premier démarrage de pompe.

C'est exactement pourquoi il faut lire les deux chiffres, et pourquoi le plus gros n'est pas toujours le bon.

Étape 3 — Les kilowattheures, pour savoir combien de temps

Additionnez maintenant la colonne de droite : la consommation par jour.

Pour la maison de notre exemple, en hiver : environ 1,5 + 1 + 3 + 0,4 = près de 6 kWh par jour. En rationnant l'éclairage et en acceptant que la maison soit fraîche, on descend facilement à 4.

Ce chiffre-là change tout :

  • Un parc de batteries de 5 kWh, c'est une journée
  • Deux modules de 5 kWh, c'est deux jours — ou quatre en rationnant
  • Une génératrice de 5 000 W consomme une vingtaine de litres par jour, peu importe que vous lui demandiez 800 W ou 4 000 W

C'est le calcul que j'ai détaillé dans Le quatrième jour, et c'est celui qui décide entre une panne inconfortable et une panne qui fait mal.

Comment obtenir vos vrais chiffres

L'étiquette, à l'arrière ou sous l'appareil. Elle indique les watts, ou parfois les ampères — dans ce cas, multipliez par 120 pour obtenir les watts.

Un wattmètre de prise, une vingtaine de dollars. C'est le seul moyen d'avoir la vraie consommation, surtout pour un réfrigérateur : il ne tourne pas en continu, et son étiquette surestime largement sa consommation quotidienne. Vous le branchez une journée et vous lisez le résultat.

Ce que le calcul révèle presque toujours

Deux choses, chez la quasi-totalité des gens que je rencontre.

On achète trop de watts et pas assez de kilowattheures. La génératrice impressionnante avec deux bidons dans le garage, c'est deux jours d'autonomie. Le calcul de la durée est moins vendeur, mais c'est celui qui compte.

Tout ce qui chauffe est hors de portée. Une plinthe électrique, une cafetière, une sécheuse, un chauffe-eau : de 1 000 à 2 000 W chacun, en continu. Chauffer à l'électricité pendant une panne n'est pas un plan de préparation, c'est une façon de vider une batterie en vingt minutes. Votre chaleur doit venir d'ailleurs — et votre électricité doit servir à la distribuer.

Une fois vos trois chiffres établis, la page solaire donne les composants classés par tension, avec le courant tiré et le calibre de protection pour chaque montage. Et si vous cherchez d'abord le matériel de base, il est réuni dans la boutique.

Trois choses à faire ce soir

  • Écrivez la liste de ce que vous voulez vraiment alimenter. Pas la maison — la liste.
  • Trouvez le plus gros démarrage de cette liste. C'est lui qui fixe votre puissance de pointe.
  • Additionnez les kilowattheures par jour. C'est lui qui fixe votre autonomie.

Vingt minutes avec un crayon vous éviteront de dépenser des milliers de dollars sur le mauvais chiffre.

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