Panneaux solaires sur un VR : l'ordre du montage, du toit à la batterie

Un système solaire de VR, c'est sept pièces en série. La plupart des pannes viennent de celle qu'on a sautée, et presque toujours de la même : le fusible.

Par , consultant en préparation d'urgence · · 1073 mots
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Camping sans service, troisième jour. La génératrice a tourné deux heures ce matin, le voisin a fermé sa fenêtre, et la batterie de la roulotte est déjà à moitié vide.

C'est à ce moment-là que la plupart des propriétaires de VR décident de passer au solaire. Bonne décision. Mais un système solaire de VR n'est pas un panneau qu'on visse sur le toit : c'est sept pièces en série, et le courant les traverse dans un ordre précis. Sautez-en une, et vous l'apprendrez à vos dépens.

Voici ces sept pièces, dans l'ordre où le courant circule.

Combien de watts sur un toit de VR

Commencez par mesurer votre toit. C'est lui qui fixe la limite, pas votre budget.

Entre le climatiseur, les évents, l'antenne et le puits de lumière, il reste rarement de la place pour plus de 200 à 400 W. Un panneau de 255 W mesure environ 1,65 m sur 1 m et pèse près de 18 kg : vérifiez que votre toit le supporte avant de l'y hisser.

Rigide ou flexible ? Les panneaux flexibles sont légers et tentants. Mais collés à plat contre le toit, sans lame d'air, ils chauffent, perdent du rendement, et se délaminent souvent en quelques saisons. Un panneau rigide monté sur des supports, avec quelques centimètres d'air en dessous, dure des décennies. Si votre toit le permet, prenez du rigide.

L'ordre du montage

1. Le panneau et ses supports

Les supports se vissent dans la structure du toit, pas seulement dans la membrane. Chaque vis reçoit une généreuse couche de scellant avant et après le serrage : c'est à cet endroit précis que les infiltrations commencent.

2. L'entrée de toit

Les câbles doivent traverser le toit pour descendre jusqu'aux batteries. On utilise un presse-étoupe d'entrée de câble, un petit boîtier étanche avec un capot incurvé qui fait glisser l'eau. Prenez-en un à double entrée, une pour le positif, une pour le négatif.

Le scellant compte autant que la pièce. Utilisez un scellant auto-nivelant fait pour les toits de VR, compatible avec votre membrane — EPDM ou TPO, vérifiez laquelle vous avez. Jamais de silicone : il adhère mal aux membranes, et le jour où il faut refaire le joint, plus rien ne colle sur ses résidus.

Astuce répandue : bien des propriétaires font descendre leurs câbles par l'évent du réfrigérateur, qui offre déjà un passage vers l'intérieur. Ça évite un trou dans le toit.

3. Le câble

Du fil photovoltaïque de 10 AWG, en cuivre étamé si possible. L'étamage résiste à l'humidité et au sel de la route, là où le cuivre nu finit par verdir. Gardez les trajets aussi courts que possible : chaque mètre de câble, c'est un peu de production perdue en chaleur.

Si vous faites vos propres longueurs, sertissez vos connecteurs MC4 avec la pince prévue pour ça. Un sertissage bâclé est la première cause d'échauffement dans un montage solaire.

4. Le sectionneur côté panneaux

Un interrupteur ou un disjoncteur à courant continu entre les panneaux et le contrôleur. Il vous permet de couper le solaire avant de travailler sur le système. Le jour où vous devrez débrancher le contrôleur, vous serez content de ne pas avoir à monter sur le toit pour couvrir les panneaux.

5. Le contrôleur de charge

Le cerveau du système. Prenez un contrôleur MPPT, qui tire nettement plus d'énergie des panneaux qu'un modèle PWM, surtout par temps froid ou nuageux.

Installez-le près des batteries, avec des fils courts et gros. Et surtout, réglez-le pour votre type de batterie. Un contrôleur réglé pour le plomb qui charge une batterie au lithium, ou l'inverse, raccourcit sa vie sans faire de bruit. C'est l'erreur la plus fréquente que je vois, et la plus facile à éviter.

6. Le fusible sur la batterie

C'est la pièce la plus importante de tout le système, et c'est celle qu'on saute le plus souvent.

Un fusible ou un disjoncteur sur le fil positif, le plus près possible de la borne de la batterie. Une batterie peut livrer des centaines d'ampères en une fraction de seconde. Si un fil frotte, s'use et touche le châssis, sans fusible, ce fil devient un élément chauffant, et il est caché dans un mur de VR. Sans fusible, un simple court-circuit devient un incendie.

7. L'onduleur, seulement si vous en avez besoin

La plupart des VR fonctionnent déjà en 12 V : éclairage, pompe, ventilateur de fournaise, prises USB. Vous n'avez besoin d'un onduleur que pour les appareils en 120 V — cafetière, micro-ondes, séchoir à cheveux. Si c'est votre cas, prenez un modèle à onde sinusoïdale pure, et prévoyez des câbles de batterie à la mesure de sa puissance.

Restez en 12 V

Votre VR est déjà câblé en 12 V. Pour un système de 200 à 400 W, rester en 12 V est presque toujours le bon choix : tous vos appareils existants continuent de fonctionner sans conversion. Le 24 V et le 48 V se justifient pour les gros systèmes de maison, pas pour une roulotte.

L'hiver : le remisage

Au Québec, la plupart des VR passent cinq mois remisés. Deux précautions :

  • Coupez le solaire avec le sectionneur si le VR n'est pas utilisé, ou laissez-le branché seulement si vous avez des batteries au plomb qu'il maintiendra chargées.
  • Si vos batteries sont au lithium, rentrez-les à la maison. Une batterie au lithium refuse de se recharger sous zéro, et une batterie oubliée à plat pendant tout un hiver ne se réveille pas toujours au printemps. J'explique tout ça dans cet article sur la recharge par temps froid.

Trois choses à faire avant d'acheter

1. Mesurez l'espace libre sur votre toit. C'est lui qui décide de la puissance maximale.

2. Trouvez de quel type est votre membrane de toit. EPDM ou TPO : le scellant en dépend.

3. Vérifiez le type de vos batteries. Plomb, AGM ou lithium : c'est ce qui dicte le réglage du contrôleur. Si vous hésitez entre les trois, je les compare ici.

Si vous voulez la liste exacte des pièces pour votre VR, écrivez-moi : je vous monte une page avec ce qu'il vous faut, rien de plus.

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